6 ans d'attente

Lancé le 28 avril 2003 aux Etats-Unis (juin 2004 en France), il aura donc fallu attendre près de 6 ans pour que les "honnêtes gens" puissent enfin se défaire des verrous numériques apposés sur leur musique légalement achetée sur iTunes.
6 ans que pour les majors daignent enfin comprendre que ce n'est pas en rendant contraignante l'utilisation des morceaux téléchargées qu'on allait favoriser leur essors.

Double peine

Mais comme le monde n'est pas parfait, il faut préciser ici que les personnes ayant déjà acheté sur l'iTunes Store un certain nombre de titres devront passer à la caisse une nouvelle fois pour pouvoir les utiliser en toute liberté.
Ce procédé est très mesquin, mais habituel : on avait déjà vu cela au moment de l'apparition des premiers morceaux sans-DRM.
Moyennant 30 cents supplémentaire par morceaux et un forfait de 3 euros par album, il sera possible de mettre à jour l'ensemble de sa bibliothèque, mais la pilule risque d'être dure à avaler.

Exemple : si on se place dans le cas d'un utilisateur ayant téléchargé 5 albums et 10 morceaux, il lui faudra débourser 5*3+10*0,30 soit 18 euros, pour un gain pas du tout évident : outre l'absence de DRM, une qualité de son un peu meilleure, mais finalement rien de neuf à écouter, alors que cette somme représente le prix de presque deux albums...

Pour couronner le tout, il n'est pas possible de faire un choix dans sa bibliothèque entre les morceaux que l'on souhaite "mettre à jour", c'est tout ou rien...
MAJ-iTunes-Plus
Comme le montre cette capture, à part le bouton "Acheter" on ne peut rien faire d'autre que de mettre à jour toute sa bibliothèque et donc payer un maximum

Et maintenant ?

Il y a quand même du positif dans tout cela.
Premièrement, si vous avez résisté jusque là à acheter de la musique légalement, vous pouvez vous lancer sans payer la surtaxe dont devront s'acquitter vos glorieux prédécesseurs...
Deuxièmement, on pouvait reprocher jusque là que la musique vendue en ligne (en plus de son prix et des DRM) n'était pas forcément de très bonne qualité, compression oblige.
Certes ce n'est pas encore la panacée mais le gain est appréciable avec le format AAC, successeur du MP3 assez largement supporté et qui est censé offrir (à taille de fichier identique) une meilleure qualité que le MP3.Le bitrate choisi (256kbits/s) permet également de s'attendre à un bond en terme de qualité.
Troisièmement, on peut également attendre de l'abandon des DRM chez iTunes, une propagation à l'ensemble des acteurs du marché. Certes ce n'est pas Apple qui a tiré la première, mais le fait que le premier vendeur de musique aux Etats-Unis se mette à la musique déverrouillée risque d'avoir un impact positif pour le consommateur...et peut-être permettre l'apparition d'offres innovantes chez la concurrence pour contrer ce mastodonte ?
Il n'est pas interdit de rêver :)

CD or NOT CD ?

J'avoue que jusque là j'étais toujours un fan du CD, car je considérais que le rapport qualité-prix par rapport au téléchargement légal était toujours en faveur du support physique.
Pour la qualité du son tout d'abord, pour le support qui ne risquait pas de se perdre dans les méandres d'un disque dur et/ou au gré de la faillite d'un vendeur de musique en ligne, et pour le bel objet que pouvait parfois être la pochette du CD, les petits bonus : paroles, photos, etc..
Avec une augmentation de la qualité, la possibilité d'acheter sa musique n'importe où, n'importe quand sur l'iPhone par exemple,la fin des contraintes...et si l'an 1 de la musique numérique c'était 2009 ?

A suivre...